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Changer de nom de famille après le mariage : un passage obligatoire pour les femmes ?

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Ancré dans la tradition, le changement de nom après le mariage existe depuis la nuit des temps. Mais malgré les débats qu'elle suscite, cette coutume continuerait d’être répandue, selon une récente enquête.

Freepik - Photo d'illustration - Sous l'influence des mouvements féministes et des évolutions sociétales, la tradition du changement de nom au mariage est remise en question, devenant un sujet complexe et diversifié.

Certaines traditions nuptiales, telles que le port de la robe de mariée blanche, l'échange des alliances ou encore la prononciation des vœux, demeurent solidement ancrées dans nos mœurs. Parmi les autres rituels incontournables figure également le fait que les femmes prennent généralement le nom de famille de leur mari. Mais quelle est la raison derrière cette pratique ? 

Celle-ci est, en réalité, enracinée dans différentes traditions socioculturelles anciennes. En effet, dans de nombreuses civilisations d'antan, la structure familiale était caractérisée par un système patriarcal...

L’importance de la lignée paternelle

Tout remonterait donc à “la common law”, (loi commune, ndlr). A cette période, les lois concernant les femmes étaient non seulement défavorables au genre féminin, mais elles reconnaissaient à peine son existence. “(...) Aucune personne de sexe féminin n'avait d'identité juridique”, explique ainsi l’historienne Catherine Allgor, dans un article publié sur Bride. "Un bébé de sexe féminin était couvert par l'identité de son père puis, lorsqu'elle était mariée, par celle de son mari." En vertu de cette tradition, un mari et une femme sont devenus “un” par le mariage.

À lire aussi : Mariage : pourquoi choisir un lieu avec verrière ou baies vitrées pour une réception inoubliable ?

Cette coutume prévalait dans presque tous les  pays d’Europe. La succession, l’héritage familial et le nom de famille étaient souvent transmis par la lignée paternelle. Et lorsqu’une une jeune fille se mariait, il était de coutume qu’elle porte le nom de famille de son époux. Une manière de symboliser son affiliation à sa nouvelle famille, tout en perpétuant la lignée paternelle. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Une tradition toujours d’actualité 

De nos jours, selon le site officiel de l'administration française, aucune obligation ne contraint les femmes à prendre le nom de leur mari. Elles auraient également la possibilité d'opter pour un nom d'usage, qu'il s'agisse du nom de leur époux par substitution ou d'un tout nouveau nom. Pourtant, force est de constater que “la pratique du nom du mari reste massive”, d'après une déclaration de la sociologue Marie-France Valetas, parue au Bulletin mensuel d'information de l'Institut National d'Etudes Démographiques en avril 2021.

Selon une enquête récente du Pew Research Center menée aux États-Unis en 2023, environ 8 femmes mariées sur 10 dans des unions hétérosexuelles ont pris le nom de famille de leur mari. 79 % déclarent avoir adopté le nom de famille de leur conjoint au moment du mariage. 14 % auraient choisi de conserver leur nom de famille et 5 % auraient opté pour une combinaison des deux noms ou pour le nom de leur conjoint uniquement. 

Un geste symbolique

Une coutume qui semble donc se maintenir et qui serait, par ailleurs, influencée par des facteurs comme l’âge, qui aurait un impact majeur. 20 % des femmes jeunes dont l’âge varie entre 18 à 49 ans auraient, en effet, opté plutôt pour la conservation de leur nom de jeune fille, contre 9 % des 50 et plus. D’autre part, les femmes ayant suivi des études supérieures, titulaires d’un diplôme de 3e cycle sembleraient plus susceptibles de garder leur nom de naissance : 26 % des femmes titulaires d'un doctorat auraient opté pour cette voie, comparé à 13 % pour celles ayant un diplôme de licence et 11 % pour celles avec un niveau d'éducation moins élevé.

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Clémence Boyer, mariée en 2018 et vivant en France, estime que garder son nom de famille fait partie intégrante de son identité.  “Quand on a commencé à organiser notre mariage avec mon mari, il y a une chose sur laquelle je n’avais aucun doute (hormis le choix dudit mari) : j’allais garder mon nom de famille”, affirme-t-elle dans une interview accordée au magazine Madmoizelle.

Quant à Lindsay Rosasco, elle avait initialement décidé de prendre le nom de son mari, trouvant que son patronyme se mariait harmonieusement avec le sien. C'est à l'approche de la fin de leur deux années de fiançailles, qu’elle a réalisé l'importance de cet engagement, comme elle l’a déclaré dans un article publié sur Huffpost. Beaucoup ne verraient donc aucun inconvénient à porter le nom de leur mari : pour elles, il s'agirait surtout d’un geste d’amour et de partenariat

Une évolution sociétale en perspective ?

La coutume selon laquelle les femmes gardent leur nom est malgré tout encore sujette à de nombreuses controverses. Pourquoi ? Simplement car cette question complexe reflète les luttes perpétuelles pour l'autonomie et l'égalité des sexes. Des enjeux qui prennent une signification particulière, surtout à l'approche de la journée internationale des droits des femmes.

Car même si, pour beaucoup, il s’agit d’un choix personnel, à vrai dire celui-ci ne l’est pas tant que ça. Même si la loi est allée jusqu’à permettre aux femmes de donner leur nom à leurs enfants, “cette pratique reste encore marginale, explique la docteure en sociologie, Nantaise Caroline Bovar, à Ouest France.  

Ainsi, cette tradition défie en quelque sorte le texte légal et impose aux femmes de faire des choix régis par le dogme social.Malheureusement, il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à la pleine égalité des droits et des chances entre les hommes et les femmes”, précise le site officiel des Nations Unies, en se basant sur l’estimation d’ONU-Femmes

Tradition ou anti-féminisme ?

“C'est vrai ? Tu veux changer ton nom de famille pour le mien ? Mais je croyais que tu étais féministe ?”, avait ainsi demandé le mari de Patrice Garcia, lorsque celle-ci avait décidé de porter son nom à la place de celui de son père. Dans une interview accordée au magazine Vogue, celui-ci semble exprimer une certaine surprise ou incompréhension face au choix de sa femme de prendre son nom de famille. Cette réaction soulève alors une question : un tel choix est-il contraire aux idéaux féministes de l'égalité des sexes et de l'autonomie individuelle des femmes ? 

Une interrogation qui pousse à la réflexion. Mais, en tout cas, les raisons pour lesquelles les femmes choisissent de prendre le nom de leur mari sont variées : cela peut renforcer leur lien avec leurs enfants et leur conjoint, ou être perçu comme le signe d'une nouvelle étape dans leur vie. Il n'existe pas de réel motif unique et universel qui expliquerait pourquoi les femmes décident de changer ou non de nom : leurs choix sont souvent aussi uniques et personnels que leur mariage lui-même.  

Le changement de nom après le mariage n'est, par ailleurs, pas exclusivement réservé aux femmes ! Les hommes peuvent également choisir de prendre le nom de leur épouse. C'est le cas de Dimitri, qui a affirmé au magazine Parents : "On aimait cette idée que dans le mariage il devait y avoir une sorte de sacrifice, de dévouement à cet amour, et le fait que l’un de nous substitue son nom pour celui de l’autre.”

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