Faut-il (vraiment) être riche pour se marier ?
Le 05 juin 2025
On en parle
Alors que le prix moyen d’un mariage flirte avec les 15 000 -20 000 €, de nombreux couples repoussent ou réinventent cette célébration. Faut-il vraiment être riche pour s’unir ? Entre traditions, contraintes économiques et remariages plus sobres, le mariage d’aujourd’hui soulève une vraie question de société. Car pour certains, le rêve d’union n’a pas de prix. Pour d’autres, il devient tout simplement… inaccessible.

À Kingsthorpe, en Angleterre, le destin s’est invité dans une seule et même rue… pour trois couples. Grâce à un gros lot de 125 000 livres sterling – soit près de 148 000 euros – remporté à la loterie, ces voisins chanceux ont décidé de transformer leur jackpot en projets de mariage concrets, rapporte Ouest France.
Parmi les gagnants, Nathan Brown et Jade Dunkley, fiancés depuis 2014 lors d’un concert d’Eminem, voient enfin leur rêve se rapprocher. Après des années de galères, malgré trois emplois cumulés, les moyens leur faisaient défaut. Aujourd’hui, l’espoir renaît. Comme le confie le couple : “C’est une somme incroyable ; il est peut-être temps de nous marier”. Un soulagement pour ces amoureux qui ont toujours cru en leur histoire, même sans bague au doigt. “Les temps étaient durs”, reconnaissent-ils avec émotion.
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Quand le hasard fait bien les choses et redonne un coup d’accélérateur aux projets laissés de côté, l’amour reprend toute sa place… et la fête aussi. Un symbole fort pour ces couples qui prouvent qu’un mariage, parfois, commence par un gros coup de pouce, un simple ticket et surtout un compte bancaire bien rempli !
Se dire “oui” : un choix, une promesse… et des dépenses
Il fut un temps où l'alliance au doigt était une étape quasi obligatoire de la vie adulte, un rite de passage naturel. Aujourd'hui, se dire “oui” est devenu un véritable choix, une décision personnelle et souvent un projet coûteux. Ce moment clé de l'existence, cette promesse d'éternité, on l'imagine gravée dans les mémoires, la sienne et celle de ses proches. Pour beaucoup, c'est l'aboutissement d'une histoire d'amour, l'occasion parfaite de réunir famille et amis autour d'un événement symbolique et festif.
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Les magazines glamour, les flux infinis des réseaux sociaux, et même nos contes de fées d'enfance nourrissent cette image d'une journée parfaite, souvent synonyme de grand faste : réceptions grandioses, tenues de créateurs éblouissantes, décorations florales somptueuses. Mais derrière ce tableau idyllique se cache une réalité financière qui, pour de nombreux couples, peut rapidement transformer le rêve en véritable casse-tête budgétaire.
À l'heure où le coût de la vie explose – avec des budgets logement et alimentation qui s'envolent, et une inflation qui galope – il est plus que légitime de se demander si se marier est encore réaliste. Est-ce que le grand jour est désormais réservé aux couples les plus aisés, ou l'amour peut-il toujours triompher, peu importe le montant sur le compte en banque ?
Un budget en chute libre et des mariages plus intimistes
En 2024, les futurs mariés prévoyaient de dépenser en moyenne 7 576 euros pour leur mariage, soit une diminution de 17 % par rapport à 2022, ce qui représente environ 1 300 euros de moins d’après un sondage réalisé par le Crédit Agricole. Une baisse qui s’explique par un glissement net vers des mariages plus sobres et resserrés.
L’époque des grandes tablées semble céder du terrain : les couples n’envisageaient plus que 53 invités en moyenne, contre 58 deux ans plus tôt. Une réduction volontaire qui permet notamment de limiter les frais de traiteur et de location de salle, tout en donnant à l’événement une atmosphère plus intime.
Ce tournant vers une célébration allégée se confirme aussi côté garde-robe : près d’une femme sur deux (48 %) déclare envisager une robe de mariée de seconde main, preuve supplémentaire d’une génération prête à conjuguer esthétique, éthique… et budget maîtrisé.
Mariage et crédit : une “love story” à éviter pour la majorité
En 2024, 62 % des Français interrogés par Ymanci restent fermes sur un principe : on se marie selon ses moyens. Pas question de plomber ses finances pour une journée de fête, aussi mémorable soit-elle. Le mariage de ses rêves, oui, mais pas au prix d’un cauchemar financier.
Et pourtant, le rêve a la peau dure. Un tiers des répondants (33 %) estime qu’un emprunt peut se justifier… à condition qu’il permette de vivre une cérémonie exceptionnelle. Entre paillettes et romantisme, certains préfèrent faire confiance à leur banquier pour dire “oui” en grand.
Dans la réalité, les faits sont tout autres. Seuls 3 % des marié·es ou ex-marié·es déclarent avoir effectivement contracté un crédit pour leur union. La majorité (63 %) a financé le mariage à partir de ses économies personnelles, tandis que 33 % a pu compter sur le soutien financier de la famille, un schéma encore très courant.
Derrière ces choix budgétaires, une pression sociale bien ancrée continue de planer. Celle du mariage Instagrammable. Il faut une salle digne des plus beaux mariages de célébrités, un traiteur créatif, une déco Pinterestable, une robe à couper le souffle… et de quoi nourrir le feed pendant des mois. Le mariage devient parfois une mise en scène, plus qu’un engagement intime.
Mais de plus en plus de couples prennent le contre-pied. Ils choisissent la simplicité assumée : une cérémonie civile en semaine, un déjeuner familial, une robe vintage et des alliances discrètes. Pour eux, le mariage n’est pas une performance, mais une promesse sincère. Et cela, sans dettes ni artifices.
Le cas particulier du remariage : moins de faste, plus d’essentiel
Les seconds mariages échappent souvent aux logiques du premier. On mise sur la simplicité, l’élégance discrète, et surtout… l’essentiel.
La moyenne d’âge plus élevée, la maturité du couple, l’envie de faire différemment – tout concourt à une approche plus personnelle. Exit les cérémonies grandioses et les grandes dépenses inutiles. On privilégie les mariages à la campagne, dans des lieux atypiques ou familiaux, avec une décoration plus minimaliste, mais souvent plus raffinée.
Le remariage est aussi un terrain propice à la liberté : on ose se marier en jeans, sur une péniche, avec les enfants en demoiselles d’honneur, ou simplement autour d’un brunch. C’est la célébration d’un choix sincère, parfois même d’une reconstruction, loin des conventions.
La pression du “beau” mariage : un héritage à repenser
Pourquoi associe-t-on si facilement mariage et dépense colossale ? Probablement à cause d’un héritage culturel tenace : celui de la noce comme démonstration sociale. Un moment où l’on expose sa réussite, son couple, son réseau.
À cela s’ajoutent les plateformes sociales, où chaque image de mariage devient une mise en scène. La robe, le gâteau, les tables fleuries, les souvenirs en slow motion... Tout doit être “instagrammable”.
La culture de l’image, portée par les réseaux sociaux, influence désormais la manière dont on “consomme” le mariage. Certains couples investissent des sommes considérables dans des prestations uniquement pensées pour Instagram ou TikTok : tenues spectaculaires, scénographies millimétrées, drones pour vidéos “cinéma”, sans oublier les backdrops XXL pour les photos. Des choix qui peuvent faire grimper la facture bien au-delà de leurs moyens réels.
@kimy_mlb Mon budget mariage : Partie 3 - Les petites (et moyennes encore 🤪) dépenses. . . . . . . . . #mariage2024 #2024bride #wedding #mariage💍 #mariage #mariee #bride #weddingtiktok #budget #finances #bridetobe ♬ Vlog Video work Fashionable BGM(847726) - Tsuyoshi_san
Mais à force de viser la perfection, le risque est de passer à côté de l’émotion vraie. De nombreux couples finissent par s’épuiser dans l’organisation, stressés par les attentes de leur entourage… et leur propre fantasme du mariage de conte de fées.
Ces mariages-là ne sont pas moins valides — mais ils posent la question de la sincérité et du poids des apparences dans notre rapport à l'engagement. Et rappellent qu’un mariage, quel qu’il soit, a toujours un prix : émotionnel, financier… ou symbolique.
Se marier sans fortune : oui, c’est possible (et même tendance)
Heureusement, une autre tendance émerge : celle du mariage “raisonné” voire “alternatif”. De plus en plus de couples assument un mariage à petit budget, mais riche en sens.
Quelques idées inspirantes :
• Lieu prêté : un jardin ou une grange réaménagée.
• Robe et costume de seconde main, sur Vinted ou en dépôt-vente chic.
• Fleurs locales cueillies la veille, ou séchées pour éviter le gaspillage.
• Photographe amateur ou séance photo “à la cool” entre amis.
• Menu local et de saison, servi en buffet ou en grandes tablées.
Ce type de mariage privilégie le lien, l’authenticité et la liberté de créer un événement à son image, sans exploser le budget. Et il séduit de plus en plus de futurs mariés, lassés des cérémonies standardisées.
@loopsider Tenue de cérémonie, traiteur, photographe… Son mariage n’a coûté que 2 600 € ! Voici comment @iam.estherng s’y est prise, avec le détail de son budget. #sinformersurtiktok #weddingday #budget #mariage ♬ son original - Loopsider
Alors… faut-il être riche pour se marier ? Non, si l’on accepte de sortir du carcan des mariages spectaculaires. Oui, si l’on veut répondre aux injonctions du “mariage parfait”. Mais ce qui compte, c’est la liberté de choix. Certains rêvent d’un château, d’autres d’un pique-nique. Certains économisent des années, d’autres improvisent avec créativité. Il n’y a pas de bon ou de mauvais budget. Il y a des histoires, des sensibilités, des réalités personnelles. Et un seul impératif : se sentir en paix avec son projet. Parce qu’un mariage, ça se vit d’abord à deux.
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