Fin de mariage

Divorce en islam : la mariée doit-elle rendre sa dot ?

8 min

Dans le cadre du mariage islamique, la dot ou "mahr "représente un engagement matériel et spirituel fort de l’époux envers sa future épouse. En cas de divorce, cette dot devient une source de débats sensibles, notamment sur sa restitution. En fonction des circonstances de la séparation et de l’interprétation des règles religieuses, la réponse peut varier.

Adobe Stock -  Photo d'illustration -  En Islam, la charia stipule que la dot (mahr) donnée à l'épouse lors du mariage lui appartient, et en cas de divorce, elle n'est pas tenue de la restituer sauf dans des cas exceptionnels

Dans les traditions du mariage musulman, l'union ne se limite pas à une simple formalité ou à une belle fête entourée d’invités. C’est un acte profondément spirituel, un engagement qui lie deux personnes devant Dieu, leurs familles et leur communauté. Dès la signature du contrat religieux, un élément fondamental entre en jeu : la dot, ou mahr. Ce don, offert par le mari à son épouse, n’est pas un simple cadeau. Il symbolise son respect, son engagement et lui garantit une sécurité matérielle dans leur nouvelle vie commune.

Mais la vie, parfois, prend un tournant inattendu. Quand les époux décident de mettre fin à leur union, la dot revient sur le devant de la scène. Elle devient alors un sujet délicat, souvent source d’incompréhensions. Il est essentiel de comprendre les conséquences du divorce en Islam et ce qui advient de la dot,  non seulement pour respecter la foi, mais aussi pour agir avec justice et bienveillance envers chacun.

Qu’est-ce que la dot (mahr) en islam ?

La dot, ou mahr, occupe une place fondamentale dans le cadre du mariage religieux islamique. Bien plus qu’un simple bien matériel, elle représente un engagement moral et financier du mari envers sa future épouse. Elle est mentionnée à plusieurs reprises dans le Coran et dans les hadiths, et fait partie des conditions obligatoires pour que l’union soit reconnue selon les règles de l’islam. Dans les textes, le mahr est décrit comme un droit personnel de la femme, qui lui est dû dès la conclusion du contrat de mariage, qu’il soit consommé ou non. Il ne s’agit pas d’un achat de l’épouse, ni d’un troc entre familles, mais bien d’un geste de respect, un symbole de la place qu’elle occupe dans cette nouvelle union. Le Prophète Mohammed (que la paix soit sur lui) a souligné que le mariage sans dot n’est pas valide, et a encouragé la simplicité dans le choix du mahr. Il mettait aussi en avant la dignité de la femme, insistant sur le fait que la dot devait être fixée en fonction des capacités du mari, sans créer de pression financière.

 Les formes possibles de la dot

La dot peut prendre plusieurs formes, selon les traditions, les coutumes locales et les accords entre les futurs époux :

  • Une somme d’argent : C’est la forme la plus répandue. Elle peut être versée en une fois (dot immédiate) ou différée, comme cela est souvent mentionné dans les contrats de mariage. Le montant varie énormément selon les cultures et les moyens des familles, mais il doit rester raisonnable.
  • Des bijoux ou des objets précieux : Il n’est pas rare que la dot se matérialise par une bague de fiançailles, des bracelets en or, ou même une parure complète offerte à la mariée. Ces éléments sont souvent remis lors de la cérémonie ou des fiançailles religieuses, en présence de témoins.
  • Des biens matériels ou immobiliers : Dans certains mariages, surtout dans les milieux aisés, le mahr peut inclure un terrain, une voiture ou même un logement. Ce type de dot reflète un engagement fort du mari à offrir stabilité et sécurité à sa future épouse.
  • L’enseignement ou la transmission d’un savoir : Plus rare mais tout à fait valide, la dot peut être immatérielle, comme l’enseignement du Coran, de la jurisprudence islamique ou même l’apprentissage d’un savoir spécifique. Le Prophète lui-même a accepté ce type de dot dans certains mariages.

Il est important de rappeler que la dot n’est pas une formalité administrative : c’est un engagement spirituel. Et comme le rappelait Umar Ibn Al Khattab, compagnon du Prophète, une dot trop élevée risque de devenir un fardeau pour le couple. L’objectif n’est pas de montrer son statut social, mais de bâtir un foyer stable, sincère et respectueux.

Que se passe-t-il en cas de divorce ?

Le divorce dans la foi musulmane est un acte permis, mais fortement encadré. Il est vu comme une solution ultime, à ne pas prendre à la légère. Contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas une simple rupture : c’est un processus codifié, fondé sur la justice et le respect des droits de chacun. Et au cœur de cette séparation, la question de la dot (mahr) refait surface, car son sort dépend directement de qui prend l’initiative du divorce et dans quelles conditions.

Talaq – Le divorce initié par le mari

Lorsqu’un homme décide de mettre fin à l’union conjugale, on parle de talaq. Dans ce cas précis, la femme conserve intégralement sa dot, que celle-ci ait été versée dès le mariage ou prévue en différé. Ce principe repose sur l’idée que la femme n’est pas responsable de la séparation. La loi islamique lui reconnaît donc le droit de conserver ce qui lui a été offert, en guise de respect et de protection.

Cela inclut :

  • Le mahr déjà remis au moment du mariage.
  • La portion différée, souvent mentionnée dans le contrat, même si elle n’a pas encore été versée.

Prenons un exemple courant : un homme divorce sans qu’aucun manquement ne soit reproché à son épouse. Dans ce cas, elle garde l’ensemble de sa dot, y compris si elle est constituée d’un bien immobilier ou d’un montant important. Cette règle vise à préserver les droits financiers de la femme, afin qu’elle ne se retrouve pas démunie après la rupture de l’union.

Khula – Le divorce demandé par la femme

Quand la séparation est demandée par l’épouse, on parle de khula. Ici, la dynamique change : le droit islamique prévoit que la femme doit restituer sa dot, partiellement ou intégralement, si elle souhaite rompre le mariage sans pouvoir invoquer de torts graves commis par son mari. Ce type de divorce s’apparente à une libération volontaire du lien conjugal par la femme, souvent motivée par une incompatibilité de caractère, une absence d’amour ou un mal-être dans la relation.

Un exemple bien connu est celui de "Thâbit Ibn Qays Ibn Chammâs". Son épouse ne se sentait plus capable de vivre avec lui malgré ses bonnes actions. Le Prophète, consulté à ce sujet, a autorisé leur divorce à condition qu’elle restitue la dot qu’elle avait reçue. Cela dit, il est important de préciser que cette restitution n’est pas systématique. Elle dépend des circonstances et de l’avis du juge islamique (qadi) ou de l’imam, notamment si la femme invoque des comportements répréhensibles de son mari. Dans ce cas, elle peut être exemptée de toute restitution.

Ce mécanisme de distinction entre "talaq" et "khula" permet de garantir un certain équilibre dans les responsabilités et les conséquences de la rupture. Il évite que la dot ne devienne un levier de chantage ou un outil de pression, et replace chaque décision dans son contexte moral et humain.

Divorce avant la consommation du mariage

Il arrive parfois que le mariage soit prononcé, mais que les époux décident de se séparer avant même d’avoir commencé leur vie conjugale. Aucun lien intime n’a été consommé, aucune cohabitation réelle n’a eu lieu. Dans ce type de situation, la jurisprudence islamique apporte une règle bien précise, ancrée dans le Coran lui-même.

Selon la sourate Al-Baqara, verset 237, si le divorce survient avant toute consommation du mariage, la femme a droit à la moitié de la dot qui lui avait été promise ou versée. L’autre moitié revient à l’homme.

"Si vous divorcez de vos épouses avant que vous ne les ayez touchées, alors que vous leur avez déjà fixé une dot, donnez-leur la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en déchargent ou que celui qui détient le contrat de mariage ne s’en décharge." (Sourate Al-Baqara, 2:237)

Autrement dit, l’esprit de ce verset encourage la modération et l’équité. Puisqu’aucune vie conjugale n’a débuté, les responsabilités émotionnelles et matérielles ne sont pas encore pleinement engagées. Il est donc logique que la femme ne conserve que la moitié de la dot si le mariage est rompu à ce stade.

Dans la pratique, ce type de cas survient parfois après des fiançailles religieuses officielles suivies de désaccords familiaux, d’un déménagement qui ne se concrétise pas, ou d’une incompatibilité découverte tardivement. Il n’y a ni blâme, ni faute : simplement une décision commune de ne pas aller plus loin.

Si la dot n’a pas encore été versée, mais qu’elle est mentionnée dans le contrat, seule la moitié de ce montant théorique est due à la femme. Et si aucune dot n’avait encore été fixée, les familles peuvent convenir d’un montant symbolique ou s’en remettre à un médiateur religieux.

Que disent les savants et les imams ?

Lorsqu’il est question de mariage, de divorce et de restitution de la dot, les savants musulmans et les imams s’accordent sur un point essentiel : la dot (mahr) est un droit strictement personnel de la femme. C’est un principe fondamental, reconnu dans toutes les écoles juridiques de l’islam.

Que l’on suive l’école hanafite, malikite, chaféite ou hanbalite, la position de base est la même : la femme est pleinement propriétaire de sa dot dès la conclusion du contrat de mariage. Elle en dispose librement, comme bon lui semble, qu’il s’agisse d’un bien matériel, d’une somme d’argent ou d’un engagement immatériel.

De nombreux érudits insistent également sur la valeur morale du don que représente la dot. Ce n’est pas une somme que l’on reprend comme un objet prêté. C’est un engagement devant Dieu, un témoignage d’honneur, et toute tentative de récupération injustifiée est considérée comme contraire à l’éthique islamique.

En cas de désaccord, de tensions ou d’incompréhensions, les savants recommandent de ne pas régler ces questions seul·e, mais de faire appel à un imam ou à une autorité religieuse compétente, capable de trancher en toute neutralité, avec sagesse et bienveillance. Les conseils de personnes de confiance, formées à la jurisprudence islamique, peuvent apaiser les situations les plus sensibles et éviter des ruptures douloureuses.

Le divorce en islam, s’il est toujours une épreuve, peut être traversé avec dignité et respect lorsque chacun connaît ses droits. Et la question de la dot, loin d’être un détail, cristallise souvent les émotions et les incompréhensions. Avant de dire "oui", puis peut-être "non", mieux vaut être bien informé.e.

Vous êtes en quête d' une salle de réception au sein de laquelle rassembler vos proches pour fêter votre mariage dans le respect des rites musulmanes ? ABC Salles et ses équipes sont à votre disposition !  

Questions fréquemment posées

La dot est-elle obligatoire dans tous les mariages islamiques ?

Oui, elle est une condition de validité du mariage islamique.

Peut-on refuser de rendre la dot en cas de khula ?

Cela dépend du contexte. Le qadi (juge) peut trancher si les époux ne sont pas d'accord.

La dot peut-elle être symbolique ?

Oui. Certaines mariées choisissent un montant symbolique (ex : une sourate du Coran).

Le mahr doit-il être déclaré dans un contrat de mariage civil ?

Ce n’est pas obligatoire légalement, mais il peut être inscrit pour éviter tout malentendu.

FAQ

Suggestions de lieux de réception

Champagne de Venoge
Champagne de Venoge Épernay (51200)
Tislyte Réception
Tislyte Réception Pontault-Combault (77340)
Mas Saint-Ange
Mas Saint-Ange Lunel-Viel (34400)

Articles liés