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Comment marquer l'engagement à l'heure du polyamour ?

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Entretenir plusieurs relations amoureuses impliquant des sentiments et sans les dissimuler aux différents partenaires : c’est tout le principe du polyamour. Il serait, pour certains, une alternative au couple traditionnel. Une dynamique amoureuse qui gagne en visibilité depuis quelques années et suscite des interrogations sur la manière dont ce type de relation peut être officialisée.

Adobe Stock - Photo d'illustration - Le polyamour, consistant à entretenir plusieurs relations amoureuses sans dissimulation, émerge comme une alternative au couple traditionnel.

On dit souvent que nous ne pouvons aimer qu'une seule personne. Dans l'imaginaire collectif, le couple est, en effet, souvent perçu comme une union entre deux individus qui ont une connexion profonde... pas plus. Mais depuis quelques années, le polyamour suscite de l’intérêt et semble répondre à une nouvelle vision de l’amour, où l’exclusivité d’une relation n’est plus de mise et où le plaisir et la découverte d’autrui semblent répondre à un besoin impérieux d’aimer mieux, d’aimer vrai. En conséquence, de plus en plus de personnes partent à la recherche d'une vie affective aux amours pluriels, en vue de trouver un meilleur équilibre dans leur vie sentimentale. 

L'origine du concept de polyamour remonte au penseur français Charles Fourier, figure emblématique du socialisme utopique. C'est dans son ouvrage intitulé "Le Nouveau monde amoureux", qu'il élabore la théorie de l'amour multiple. Critiquant le mariage exclusif qu'il estime asservissant pour les femmes, Fourier rejette l'idée de fidélité perpétuelle, considérant cela comme contraire à la nature humaine. Le terme polyamour est apparu bien plus tard : il faudra attendre 1990 avant que le mot ne soit utilisé. Il apparaît dans le magazine américain Green Eggs, et est alors défini comme de la non-monogamie consensuelle et éthique. 

À lire aussi : Pourquoi certains mariages semblent plus beaux en photo que dans la réalité ?

Le polyamour, un concept mal perçu par la société 

Même si les choses semblent avoir évolué sur le sujet, il reste encore du chemin à parcourir. Pour preuve, lorsqu'on effectue une recherche sur le terme "polyamour" sur Google, les images qui défilent fournissent une représentation souvent stéréotypée. On y observe fréquemment un homme entouré de deux femmes s'enlaçant dans un lit, des jambes entrelacées, ou des baisers échangés entre plusieurs personnes. Autant d’images qui alimentent les préjugés déjà ancrés dans certaines mentalités, suggérant que le polyamour se résume à une union libre et à une sexualité débridée.  

Le constat est donc bien clair : la société a encore du mal à accepter les relations différentes de la monogamie. L'Étude des parcours individuels et conjugaux (Epic) menée par l'Ined et l'Insee en 2013-2014 indique, en effet, que 71 % des 25-65 ans considèrent que l'on ne peut pas être amoureux de plusieurs personnes à la fois.  

Lucille Bellan, journaliste et bloggeuse, raconte dans le cadre d’une émission accordée à Femme Actuelle, que le plus dur pour elle a été le jugement des autres. “Ça remet en cause énormément de choses. Il y a beaucoup de gens qui sont dans un couple monogame depuis longtemps et qui ne sont pas épanouis et qui se posent beaucoup de questions de jalousie, d'envie, de tromperie. Quand on leur parle de polyamour, il y a quelque chose qui les dérange dans ce concept. Mais le polyamour est aussi difficile au niveau émotionnel, mental et organisationnel. La monogamie a aussi des avantages, il y a une forme de paresse positive.” Par ailleurs, le terme, littéralement traduit par "plusieurs amours", évoque une dynamique relationnelle axée sur l'affection et l'attachement non-exclusif, bien loin de se limiter au simple désir de répondre à des pulsions charnelles. 

Un engagement reconnu ? 

Si, pour le moment, aucune étude en France n’a évalué le nombre de personnes pratiquant le polyamour, on estime que son pourcentage se placerait aux alentours des 2 à 5 % en Hexagone. Un faible chiffre, certes, mais qui démontre aussi la tendance qu’ont les personnes à naturellement aller vers un amour unique. Par ailleurs, il est important de noter que par chez nous, le mariage polyamoureux n’est pas autorisé.  

Cela dit, l'absence de reconnaissance légale ne signifie pas que les relations polyamoureuses ne peuvent pas être célébrées et honorées comme il se doit. De nombreux couples polyamoureux choisissent aujourd’hui de marquer leur engagement en organisant, par exemple, des cérémonies laïques privées, des échanges de vœux, ou même la création de rituels personnalisés aux côtés de leurs proches. 

Pour la sexologue Magali Croset-Calisto, autrice de l’ouvrage Fragments d’un discours polyamoureux, ces conduites sont particulièrement inspirantes : “Il faut beaucoup de courage pour faire le pas de côté qui mène aux amours libres et assumées. Les polyamoureux proposent un nouveau modèle de penser le couple et les relations humaines dans notre société occidentale.” Un modèle qui part d’un principe : l’amour ne se hiérarchise pas, il se multiplie. 

En quête d’un établissement où célébrer votre engagement, quel qu’il soit ? ABC Salles et ses équipes se tiennent à votre entière disposition !  

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