Le nombre de mariages est à son sommet depuis 20 ans : ce que cela révèle vraiment
Le 19 février 2026
Guide du mariage
Avec un record d’unions inédit depuis deux décennies, le mariage connaît un regain de ferveur en France. Mais qu’est-ce qui pousse les couples à se dire « oui » aujourd'hui ? Au-delà du simple rattrapage post-Covid, cette tendance révèle une quête de sens, un besoin de rituels personnalisés et l'impact majeur des réseaux sociaux. Analyse d'un phénomène qui bouscule les codes de la célébration.

Le mariage connaît un retour en grâce spectaculaire, s’imposant aujourd’hui comme bien plus qu’une simple tradition. Nous assistons à un sommet historique depuis plus de vingt ans. Ce regain d’intérêt ne s’explique pas uniquement par un rattrapage post pandémie : il témoigne d’une mutation profonde où l’engagement devient un véritable rempart contre l’incertitude.
Au fil des décennies, l'institution matrimoniale a su évoluer et se réinventer pour redevenir un symbole fort, comme le souligne une analyse publiée par Madame Figaro qui qualifie désormais le mariage de « valeur refuge » anticrise. Chaque cérémonie raconte désormais une histoire de reconnexion, privilégiant l’authenticité et le renforcement des liens familiaux au détriment du simple paraître.
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Dans ce contexte, plusieurs tendances se démarquent : la discrétion et le classicisme intemporel sont devenus les maîtres-mots. Les couples délaissent l'ostentation pour des fêtes plus intimes et durables, privilégiant des prestations élégantes et rassurantes. Cette dynamique souligne l’ampleur d’un phénomène qui s’affirme désormais comme un pilier économique et sociétal majeur.
Un record statistique : la renaissance d'un pilier sociétal
Le secteur de l'événementiel assiste aujourd'hui à une renaissance que peu d'observateurs auraient osé prédire. Selon le dernier bilan démographique publié par l’Insee en janvier, la France a franchi le cap des 251 000 mariages en 2025, contre 248 000 en 2024, soit une progression de 1,4 %. Pour retrouver une telle vitalité, il faut remonter au début des années 2000, avant que les alternatives juridiques ne viennent bousculer les habitudes contractuelles.
Historiquement, le mariage a connu une érosion constante depuis les années 1970, époque où l'on célébrait près de 400 000 unions par an. La chute semblait inéluctable avec l'émancipation des mœurs et la diversification des formes d'union. Pourtant, le cycle s'est inversé de manière structurelle. Si ce rebond a d’abord été perçu comme un épiphénomène post-Covid, les professionnels du secteur — wedding planners, traiteurs, fleuristes et propriétaires de salles — s'accordent désormais sur un point : nous sommes face à une tendance de fond. Le mariage n'est plus une obligation sociale subie, mais un choix délibéré, sacralisé par la volonté de faire « front commun » dans un monde incertain.
La psychologie de l'engagement : le mariage comme bouclier anticrise
Comment expliquer cette ferveur alors que les contextes économiques et politiques demeurent mouvants ? Stéphane Seban, organisateur du Salon du mariage, souligne un mécanisme fascinant : le mariage est intrinsèquement lié à l’actualité. En période de crise, les Français privilégient les fondations solides. Cette quête de sécurité se reflète directement dans les chiffres de l'épargne. Fin 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint 18,9 %, un niveau record jamais vu depuis les années 1970.
Cette corrélation entre "mariage + épargne" dessine un nouveau portrait du couple moderne. Aujourd'hui, se marier, c'est s'offrir un sanctuaire de stabilité. C'est un "placement émotionnel" doublé d'une volonté de protéger ses proches. Ce cocon de traditions n'a jamais été autant d'actualité, transformant la fête en un rempart contre l'adversité extérieure. Pour les gestionnaires de lieux de réception, cela signifie une clientèle plus réfléchie, qui investit dans la durabilité et la qualité plutôt que dans l'ostentation.
La maturité au cœur des noces : l'ère des mariages tardifs
Un autre facteur clé de cette dynamique réside dans l'évolution démographique des mariés. En 2025, l’âge moyen des mariées est de 37,5 ans et celui des mariés de 39,8 ans. Cette maturité change radicalement la donne pour le secteur événementiel. Ces couples, souvent déjà installés professionnellement et parfois parents, abordent leur union avec une vision très claire et un budget plus conséquent, mais aussi une exigence de discrétion.
@brutofficiel L’âge moyen du mariage en France depuis 50 ans, entre personnes de sexe différent. #mariage ♬ son original - Brut.
L'époque des "Insta-weddings" — ces cérémonies mises en scène à l’excès pour les réseaux sociaux — semble toucher à sa fin. Lassés par la sur connexion, les mariés de 2025 prônent la confidentialité. On voit ainsi apparaître une tendance forte : l'interdiction des smartphones durant la cérémonie. Pour pallier cette absence de clichés numériques, les couples remettent au goût du jour les appareils photo jetables. Ce choix radical permet de replacer l'émotion au centre de l'événement et redonne aux photographes professionnels leur rôle crucial de faiseurs d'images inoubliables, loin des filtres éphémères.
Le "Slow Wedding" ou l'art de prolonger l'instant
Si le nombre d’invités tend parfois à se réduire pour favoriser l’intimité et le renforcement des liens familiaux, la durée de la fête, elle, s’allonge. « Moins d’invités, plus d’émotions », résume Stéphane Seban. Le mariage ne se limite plus à une soirée unique, mais s'étire désormais sur deux ou trois jours, on est donc devant un nouveau phénomène qui est le "Slow Wedding" . Cette volonté de "profiter les uns des autres" transforme le mariage en un véritable séjour d'exception.
Cette extension temporelle a un impact direct sur le marché de la mode et de la réception. Agathe Vaissiere, du Printemps, note une hausse significative du chiffre d'affaires liée au "wedding dressing". La mariée moderne ne se contente plus d'une robe unique. Elle compose une garde-robe complète : une tenue pour la mairie, une pour la cérémonie, mais aussi des modèles dits « civils » pour le déjeuner du lendemain ou le brunch final. Des marques comme Uni Paris, Rotate ou Self-Portrait voient leurs ventes bondir, prouvant que chaque moment de ces célébrations prolongées mérite sa propre identité visuelle.
Le retour du classicisme : entre héritage et sécurité esthétique
Sur le plan esthétique, l'année 2025 marque le triomphe d'un romantisme vintage et d'un classicisme rassurant. Le défilé de la griffe Vivienne Westwood à la Barcelona Bridal Fashion Week a agi comme un catalyseur. Les silhouettes aux accents baroques, les corsets structurants et les jeux de dentelle reviennent en force. On délaisse la "meringue de satin" pour des coupes architecturales qui évoquent les codes élégants des générations précédentes.
Ce choix de l'héritage n'est pas qu'une question de mode ; c'est un choix de sécurité. Face à la pression des réseaux sociaux et à la peur de l'erreur de goût, les mariées se tournent vers l'intemporel. Ce "chic absolu" se retrouve jusque dans les bijoux, avec un retour massif des bagues de fiançailles aux montures Art déco, ovales ou carrées. Même les hommes renouent avec le costume trois pièces et le nœud papillon, affirmant une volonté de solennité retrouvée.
Plus qu’un simple rebond statistique, le mariage 2025 révèle une évolution profonde des mentalités. Entre quête de stabilité, retour à l’authenticité et élégance assumée, l’institution confirme qu’elle reste un marqueur fort de notre société – et un moteur durable pour l’ensemble de l’écosystème événementiel.
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