Si, aujourd’hui, l’époux en devenir a plutôt tendance à demander directement la main de sa dulcinée (ou inversement), il existe pourtant une tradition, encore respectée par de nombreux couples, voulant que l’homme demande la main de sa bien-aimée à ses parents, et plus particulièrement, au père de celle-ci.

“Oui, je le veux”. Des mots doux, remplis de chaleur et d’émotion, prononcés par les mariés lors de leur cérémonie nuptiale. Une union aujourd’hui savourée du plus profond de leur cœur. Et pourtant, autrefois, concrétiser, sceller et célébrer son amour (du moins, lorsque qu’il était réciproque), aux côtés de sa moitié n’était pas toujours chose simple !
En effet, la tradition veut que, avant de poser le genou à terre face à l’élue de son cœur, le futur époux s’adresse d’abord à son père. Pour cela, les deux hommes se retrouvent en tête à tête, pour partager un moment durant lequel le prétendant évoque ses intentions vis-à-vis de sa future femme, avec l’objectif d’obtenir la bénédiction de son futur beau-père. Ce n’est qu’après cet échange, que le jeune homme pouvait (enfin) en parler officiellement à sa fiancée.
Un rituel inscrit dans les mœurs
Autrefois, il était coutume d’organiser des cérémonies des noces arrangées. Les mariés n’étaient alors jamais consultés, ni pour donner leur accord (ou désaccord), ni même pour être informé.es de la personne avec laquelle ils allaient prochainement s’unir. Pour les nobles et les familles royales, ce type d'épousailles servaient à unir deux grandes familles riches, pour les transformer en alliés et, ainsi, étendre leur plein pouvoir.
Les jeunes filles, quant à elles, devaient alors consentir au mariage, afin de fonder très rapidement une famille, et se mettre à l’abri du besoin. A cette époque, le père du jeune homme venait demander au père de la jeune fille, sa main, arborant des gants “beurre frais “, (souvent en maille ou en cuir, de la couleur du beurre frais, ndlr), comme indiqué dans la thèse d’Audrey Colonel, sur l’héritage séculaire du gant. La teinte de cet accessoire annonçait donc celle de la demande.
Une tradition considérée comme une marque de respect
Même si, au fil du temps, les mariages arrangés ont fini par s'éclipser de nos sociétés occidentales, se dire “oui” sans encombre était toujours bien loin de se faire comme une lettre à la poste. Le futur marié devait toujours demander la main de sa moitié auprès de son beau-papa. Mais cette fois, c’était à son tour de se vêtir, lui aussi, de ces fameux gants “beurre frais” (ou blancs). S’il arrivait à convaincre son père, alors, la jeune fille lui était promise.
Ce processus, considéré à cette époque comme un véritable rituel sacré, marquait le profond respect du gendre à l’égard de son beau-père, considéré comme le seul et unique chef de famille. Celui qui, quoi qu’il arrive, avait donc le dernier mot, concernant l’avenir de sa chère et tendre progéniture (qui, quant à elle, n’avait pas vraiment son mot à dire).
Une coutume qui tend aujourd’hui à disparaître
Aujourd’hui, même si certaines familles restent encore très attachées à cette tradition et tiennent à ce que le petit-ami de leur fille demande sa main, directement au patriarche de la famille, c’est une tradition qui tend à disparaître au profit de plus de modernité. De nos jours les futur.es marié.es préfèrent préalablement discuter ensemble d’un éventuel futur projet mariage avant de se lancer, et surtout, sans forcément demander le consentement de leurs parents.
A noter qu’à l’époque, les unions homosexuelles et remariages étaient interdits par la loi. Or, de nos jours, les couples d’époux hétérosexuels sont bien loin d’être l’unique norme. Quant aux femmes, elles osent désormais, sans complexe, demander la main de celui ou celle qui occupe leur cœur. Une nouvelle façon de célébrer l’amour, avec un grand A, sans avoir à se préoccuper des injonctions, parfois limitantes, des coutumes ancestrales.