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Offrir des cadeaux de seconde main : une démarche astucieuse ou radine ?

·4 min

Portée par la révolution digitale, les impératifs économiques et l'ultra-mondialisation, la seconde main est devenue un vrai un phénomène de société. Pourtant, bien que largement adoptée par de nombreux Français, l'idée d'offrir des objets de seconde main à ses proches ou collaborateurs suscite encore des réticences chez certains.

Adobe Stock - Photo d'illustration - La seconde main est désormais un phénomène de société largement adopté par de nombreux Français, mais l'idée d'offrir ce type d'objet à ses proches ou collaborateurs suscite encore des réticences chez certains.

Pour se faire plaisir, nombre de Français semblent de plus en plus séduits par l’idée de s’acheter un objet reconditionné - tel qu’un sac de créateur déjà porté ou un livre ancien acheté en bouquinerie, plutôt qu’un article flambant neuf. Plus de doute : la seconde main a bel et bien le vent en poupe ! Et les chiffres récents issus de l'étude BPI France parlent d’eux même : le marché mondial de la seconde main représente 105 milliards d'euros (dont 33 milliards pour le secteur de la mode d'occasion). Par ailleurs, 64 % des Français ont acheté au moins un produit d'occasion au cours des 12 derniers mois et 52 % de ceux qui n'en ont jamais acheté envisagent de le faire

Mais lorsqu’il s’agit d’offrir un présent à ses proches, la prudence reste de mise pour beaucoup. Chez nos voisins belges, par exemple, seulement 30 % ont affirmé qu’ils seraient prêts à offrir un cadeau acheté en seconde main (principalement des livres, des jouets). Et le constat semble être le même en France ! “Je n’aimerais pas recevoir un cadeau de seconde main à Noël. Pour moi, c’est mieux d’offrir du neuf”, explique à La Croix, Houria, bénévole à la Ressourcerie de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine. Un sentiment partagé par Maëlys, psychologue et jeune maman : “je n’ai aucun problème à m’acheter des objets d’occasion, mais lorsque c’est pour donner aux autres, ça me gêne. Je ne voudrais pas passer pour une radine !” 

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Entre perceptions dévalorisantes et stigmates sociaux 

Si l'idée d'offrir un cadeau d'occasion est (encore) souvent associée à la radinerie, c'est généralement lié à la perception qu'un objet usagé est inférieur à un neuf en matière de valeur financière. Mais a question du rapport à l’altérité entre aussi en compte : par définition, un objet d’occasion a déjà appartenu à quelqu’un d’autre. Peut-être même a-t-il déjà été utilisé. Et ça, il y a des gens que ça dérange !  

Il y a aussi la question du déclassement social qui est encore très lié au recours à la seconde main dans l’imaginaire collectif. L'achat d'occasion est, en effet, parfois perçu comme une option réservée à celles et ceux qui ont des contraintes financières, étant donné que les produits sont moins chers et déjà utilisés. Cette conception suggère alors implicitement que ces articles sont intrinsèquement de moindre qualité. Ainsi, si l’on suit ce raisonnement, et qu’on y adhère, il est compréhensible que l'idée de recevoir un cadeau d'occasion puisse être mal accueillie. 

Qui dit cadeaux d’occasion, dit signe de radinerie ? 

Vous l’aurez compris : acheter de la seconde main pour soi-même est une démarche de plus en plus courante et appréciée, mais passer le cap d’offrir des cadeaux de seconde main à ses proches ou à ses collègues de travail est une véritable révolution pour certains... Pourtant, pour Axelle Delhaye, propriétaire du magasin AXL dans le très chic quartier Brugmann à Bruxelles, une bijouterie où elle mélange l’ancien et le nouveau, un bijou ou un objet ancien apporte un supplément d’âme. “Un bijou ancien à une histoire, il raconte tout un tas de choses et à ce titre c’est un cadeau qui a vraiment du cachet. Sans compter que bien souvent, pour un budget similaire, vous aurez un plus beau bijou, un travail incroyable que l'on trouve difficilement sur le marché du neuf, et bien moins cher que si vous aviez dû le faire fabriquer par un artisan, vu le prix de l’or et des pierres précieuses aujourd’hui”, explique-t-elle au magazine Le Soir.  

Même son de cloche du côté des brocanteurs ou des bouquinistes : un objet qui a déjà été aimé, qui a déjà procuré du plaisir à quelqu’un, n’est pas quelque chose que l’on doit regarder de haut, au contraire c’est un cadeau qui a plus de caractère, qui a souvent été choisi pour coller à une personnalité, et que l’on sélectionne de manière plus ciblée… Alors oui, pour un mariage, un anniversaire, un baptême, un cadeau offert à vos collègues dans le cadre d’un Secret Santa, d’un départ en retraite ou de tout autre rassemblement d’entreprise, osez offrir le petit objet de déco vintage, un beau livre d’occasion, un bijou ancien, ou pourquoi pas une pièce de créateur acheté sur un site de seconde main. C’est économique, c’est écologique, et c’est un présent qui a du chien ! 

Enfin, rappelez-vous que le changement d'attitude ne découle pas forcément de la confrontation, mais plutôt de la réflexion personnelle. Il se peut ainsi qu’en offrant un cadeau d'occasion à un proche qui n'est pas encore convaincu par cette idée, en lui expliquant la démarche derrière, vous puissiez semer des graines qui germeront avec le temps

Avez-vous déjà offert des cadeaux d'occasion à vos proches, ou au contraire, quels sont les obstacles qui vous empêchent d'en acheter ? N’hésitez pas à nous partager vos réponses en commentaire sur Facebook, ou par le biais de notre formulaire de contact !  

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