Mariage express : pourquoi tant de couples choisissent désormais Copenhague
Le 21 janvier 2026
On en parle
Longtemps perçu comme un acte solennel, parfois laborieux, le mariage civil devient pour certains couples une affaire de stratégie. Entre lourdeurs administratives, délais variables selon les pays et inégalités de traitement, le choix du lieu d’union ne relève plus seulement du romantisme. Copenhague s’impose alors comme une solution pragmatique, révélatrice d’un phénomène plus large : celui d’une Europe à plusieurs vitesses face au mariage.

Au Danemark, le mariage se veut d’une simplicité déconcertante, même pour les couples venus d’ailleurs. Nul besoin d’être né sur place ni de posséder la nationalité danoise : un passeport valide et un formulaire administratif complété en ligne suffisent pour engager la procédure. Dans la majorité des cas, l’union peut être officialisée en l’espace d’une semaine. Là où de nombreux pays européens imposent aux expatriés des démarches longues et complexes, le Danemark fait figure d’exception. Sa législation volontairement souple et son approche pragmatique du mariage civil en font un modèle de fluidité administrative, souligne The Economist, contribuant à sa réputation de destination privilégiée pour les couples en quête d’efficacité.
Quand l’Europe complique, le Danemark attire
En Allemagne comme en Italie, le mariage reste relativement accessible tant que les deux membres du couple possèdent la nationalité du pays. La situation se complexifie dès lors qu’un partenaire est immigré, et devient nettement plus ardue lorsque les deux futurs époux sont étrangers. En Italie, les couples concernés “doivent fournir une multitude de documents et obtenir plusieurs autorisations”. Une contrainte supplémentaire s’ajoute pour les femmes récemment divorcées, tenues de prouver qu’elles ne sont pas enceintes avant de pouvoir se remarier.
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En Allemagne, la barrière administrative se double souvent d’une barrière linguistique : les couples ne maîtrisant pas l’allemand doivent obligatoirement recourir à un interprète agréé pour se présenter devant les autorités “et peuvent se voir demander des documents qui n’existent peut-être même pas dans leur pays d’origine”, résume le Courier International d’après le magazine anglais.
Le Danemark, refuge administratif des couples étrangers
Face à ces parcours jugés dissuasifs, de plus en plus de couples étrangers choisissent de contourner les lourdeurs nationales en se tournant vers le Danemark. Le phénomène n’a cessé de s’amplifier ces dernières années : depuis 2019, le nombre de couples étrangers venant s’y marier a doublé. En 2024, ils étaient 5 400 à prendre le train ou l’avion pour Copenhague afin d’y officialiser leur union. Une attractivité telle que “certains surnomment la ville ‘le Las Vegas européen’”, rapporte l’hebdomadaire britannique.
Un succès qui commence à crisper l’opinion danoise
Cette popularité croissante n’est toutefois pas sans conséquence. À Copenhague, les habitants constatent un allongement des délais pour obtenir une date à l’hôtel de ville afin de célébrer leur propre mariage. Le sujet s’est progressivement invité dans le débat public, nourrissant également un climat politique plus tendu et un regain de discours nationalistes. Depuis deux mois, 40 % des cérémonies sont désormais réservées aux couples domiciliés dans la capitale, indique The Economist. Le magazine évoque par ailleurs une piste actuellement à l’étude “pour alléger la pression” : l’instauration d’une taxe destinée aux couples venant au Danemark uniquement pour s’y marier.
Se marier en France : comment ça se passe ?
En France, le mariage est avant tout un acte juridique civil régi par le Code civil, et non une simple célébration culturelle ou religieuse. Il ne prend effet légalement que lorsqu’il est célébré devant un officier d’état civil en mairie, dans la commune du domicile ou de résidence d’au moins un des futurs époux. Aucune cérémonie religieuse — même solennelle — ne remplace ou ne précède la cérémonie civile, sous peine de n’avoir aucune valeur légale.
Conditions légales incontournables
Pour que le mariage soit valide, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Les deux futurs époux doivent être majeurs (sauf dérogation pour motifs graves).
- Chacun doit être libre de tout engagement antérieur (aucune bigamie).
- La publication des bans — annonce officielle du mariage — doit être affichée à la mairie pendant au moins 8 à 10 jours avant la célébration.
- Deux à quatre témoins majeurs doivent être présents lors de la cérémonie.
- L’identité, l’état civil, l’absence de lien de parenté prohibé et la liberté du consentement sont vérifiés par l’officier d’état civil.
Démarches et pièces requises
Pour constituer un dossier, il faut généralement fournir :
- Pièces d’identité valides,
- Copies intégrales d’actes de naissance récents (en français ou traduits),
- Justificatifs de domicile ou de résidence,
- Déclarations sur l’honneur de célibat,
- Identité, prénoms et dates de naissance des témoins. Les documents étrangers doivent être traduits par un traducteur assermenté.
Résidence et lien local
La loi n’exige pas une durée de résidence minimale en France pour se marier, mais au moins un lien avec la commune est requis : preuve de domicile ou de résidence d’un des futurs époux ou d’un de leurs parents. Sans ce lien, la mairie peut refuser la célébration.
Dans tous les cas, la célébration civile doit précéder toute cérémonie religieuse ou symbolique si l’on veut que le mariage soit reconnu par l’État français.
Se marier à l’étranger : démarches pour que l’union soit reconnue en France
Se marier hors de France — que ce soit pour une cérémonie romantique sur une plage, dans un château italien ou dans une mairie danoise — ne garantit pas automatiquement la reconnaissance de l’union par les autorités françaises. Pour que le mariage soit valable en droit français, il faut non seulement qu’il soit célébré dans le respect des lois locales du pays de célébration, mais aussi qu’il réponde aux conditions posées par le Code civil français.
Respecter la loi locale ET française
Un mariage à l’étranger doit être :
- Célébré selon les formes légales du pays où il a lieu,
- Et les futurs époux doivent respecter les conditions requises en France (âge légal minimum, absence de lien de parenté prohibé, liberté de consentement, etc.). Si ces critères ne sont pas remplis, l’union risque de ne pas être reconnue, même si elle est valide dans le pays de célébration.
Transcription sur les registres français (reconnaissance officielle)
Pour que l’union produise tous ses effets en France, le mariage doit être transcrit sur les registres de l’état civil français. Cela se fait généralement par dépôt de l’acte de mariage étranger auprès du consulat de France compétent, accompagné :
- de l’acte de mariage original,
- de sa traduction assermentée en français,
- et de la preuve de la légalité de l’acte (apostille ou légalisation selon le pays). La transcription permet d’obtenir un acte de mariage français et, souvent, un livret de famille, indispensables pour les démarches administratives en France.
Les conséquences d’une non-transcription
Un mariage étranger non transcrit n’est pas considéré “nul”, mais il n’a pas d’effet automatique en France sur le plan civil. Concrètement :
- aucun livret de famille français n’est délivré,
- plusieurs démarches (immigration, sécurité sociale, avantages liés à la vie de couple) deviennent plus complexes,
- l’union devra être prouvée acte par acte, souvent avec traduction et légalisation de chaque document.
Si le mariage célébré à l’étranger suit les lois locales et les règles françaises d’état civil, il peut être reconnu en France — mais seule la transcription auprès des autorités françaises assure sa pleine validité administrative et juridique sur le territoire.
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